Les Papiers de Jeffrey Aspern - Parenthèse n°6

Henry James



La couverture de ce roman, édité par Le Livre de Poche, m'a sauté aux yeux quand j'étais à la médiathèque. Pétillante, colorée, elle était suffisamment séduisante pour que je craque et que je sois tenté d'emprunter cet ouvrage signé Henry James. 

A cela s'ajoutait un synopsis alléchant, avec une action principale qui avait comme toile de fond la sublimissime Venise que j'ai eu la chance de découvrir en amoureux. Le plaisir de la retrouver grâce à la plume d'un illustre auteur britannique a fini de me convaincre de dévorer ce livre.

Alors, ai-je été victime du "marketing" ? 


Les Papiers de Jeffrey Aspern - Henry James

Quatrième de couverture :


Le secret. La mort. Ce sont sans doute les deux clés de toute l'oeuvre de Henry James.

Dans un palazzo de Venise à moitié en ruine, la vieille miss Bordereau n'en finit pas de mourir. Elle a été, dans sa jeunesse, le grand amour de Jeffrey Aspern, célèbre poète anglais, et la rumeur veut qu'il lui ait légué de nombreux manuscrits inédits. Le narrateur, qui a écrit un livre sur Aspern, est prêt à tout pour les acquérir. Prêt à tous les mensonges, toutes les bassesses, toutes les ruses, y compris tenter de séduire la malheureuse nièce de la vieille dame. 

Mais il n'a pas mesuré la force de celle qui, au fil des pages, devient peu à peu le plus redoutable des adversaires.

Mon avis :



Pour moi, Henry James rimait surtout avec les traductions du cours d'anglais au lycée. 
Pour le reste, je n'avais jamais vraiment parcouru son oeuvre littéraire. 


C'est maintenant chose faite et de la plus agréable des manières. Les Papiers de Jeffrey Aspern est un roman à "suspense" qui attise notre curiosité, cultive notre frustration, nourrit notre faim de résolution, et nous libère une fois le livre terminé. 

En un mot : génial !


Ce roman s'annonce comme un jeu de séduction, un Marivaux à la vénitienne, où le lecteur ne sait plus très bien qui mène la danse. Dans ces histoires de tromperie - le narrateur donne une fausse identité et un faux motif pour approcher les miss Bordereau -, il y a parfois des pièges, des embûches que le personnage principal ne parvient pas à cerner et se laisse embarquer. 


L'histoire est construite de telle sorte qu'il y ait les rebondissements nécessaires au bon moment pour que le lecteur ne se lasse jamais d'avaler ce récit rétrospectif : en effet, le narrateur revit ces événements avec distance, donc il croit parfois déceler les moments clés qui ont fait basculer l'aventure d'une autre façon. Dès lors, le lecteur jubile de ces indices et ces réflexions a posteriori car cela pimente nos propres spéculations sur l'innocence ou la couardise de ces demoiselles Bordereau.

Et enfin, parlons de l'écriture de Henry James.

Une plume soignée qui décrit les êtres et leurs facettes sans ambages, avec précision et qui rend compte de la magnifique Venise. De vrais tableaux en mots vous attendent. 


Si le livre vous fait envie, sachez qu'il est disponible sur La Librairie.com pour la modique somme de 5,60 euros, moins cher qu'un paquet de cigarettes et un plaisir plus doux. 



A mercredi pour une nouvelle parenthèse.
Sinon à dimanche pour la reprise du tour du monde depuis Cuba.
Les Papiers de Jeffrey Aspern - Parenthèse n°6 Les Papiers de Jeffrey Aspern - Parenthèse n°6 Reviewed by Un pays & un livre on dimanche, février 25, 2018 Rating: 5

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