Olivia Elkaïm - Je suis Jeanne Hébuterne

Prix du Meilleur Roman 

Chronique n°1



Je suis Jeanne Hébuterne - Olivia Elkaïm



Je suis Jeanne Hébuterne d'Olivia Elkaïm, 2018.

Aux éditions Points.

Roman disponible sur La Librairie.com pour 6,80 euros.


Quatrième de couverture :


Je suis Jeanne Hébuterne.

Décembre 1916. Dans La pénombre d'un escalier, Jeanne Hébuterne tombe amoureuse d'Amedeo Modigliani. Elle peint modestement, lui est un artiste maudit. Elle vit encore dans le cocon familial, il mène une existence dissolue entre son atelier, les cafés parisiens et les prostituées. Elle abandonne tout pour le suivre. La passion les emporte. Incandescente, destructrice. Jusqu'à la folie...

Mon avis :


Je suis... à moitié... Jeanne Hébuterne.

Les jours ont passé entre ma fin de lecture et le moment où j'écris cette chronique, et plus ils avancent, plus je me rends compte que c'est une traversée en demi-teinte. C'est d'ailleurs marrant que ce terme me vienne alors que le roman se concentre, entre autres, sur la peinture de Modigliani. 

L'écriture d'Olivia Elkaïm est fine, pénétrante, à tel point qu'elle décortique si justement la psyché de cette jeune femme qui, au contact d'un esprit vif, fougueux et peut-être un peu diabolique, va se découvrir. Enlever le voile de la pudeur, de la naïveté, de la virginité, pour être une femme, celle qui fera chavirer un temps le coeur et l'esprit d'un peintre talentueux. Elle passe de l'adolescente un peu nunuche à la Jeanne dévergondée, presque sauvage, qui s'affirme en temps que femme et qu'artiste.

J'ai apprécié aussi et surtout le "triangle amoureux" qui s'établit entre Jeanne, Modigliani et son frère. L'omniprésence de ce personnage dans l'esprit de la jeune femme agit comme une censure, un contrepoids à sa passion dévorante pour Modigliani. Existe aussi une relation très étrange entre le frère et la sœur que je vous laisse découvrir.

J'ai apprécié également le jeu de contrastes entre le cadre de vie artistique, parisien, qu'Olivia Elkaïm a su insuffler à son récit en saisissant l'étonnante vivacité et la fulgurante vitalité, et l'arrière-plan sombre, dangereux, violent, de la Première Guerre mondiale. Le récit joue très bien de cette tension des deux mondes.

En revanche, et c'est pour cette raison que je suis à moitié sous le charme de ce roman, je n'ai pas vraiment accroché à la forme narrative choisie pour cette histoire. Ce "Je" du journal intime n'a pas réussi à me faire décoller. Pourtant, la romance entre Jeanne et Modigliani a de quoi être ardente, mais je n'ai été qu'à demi mordu. 

C'est une décision d'écriture, je la comprends, elle peut émouvoir. Cela a déjà été mon cas avec Lucia Antonia, funambule de Daniel Morvan, mais ici, l'étincelle n'a pas su allumer ma flamme de lecteur. Il manque de puissance, de force silencieuse, insidieuse. Et peut-être parce que cette forme me semblait assumée qu'à moitié.

En résumé, Je suis Jeanne Hébuterne est un livre rempli de qualités littéraires mais qui n'a pas eu ce peps , cette énergie suffisante, pour m'emporter totalement.
Olivia Elkaïm - Je suis Jeanne Hébuterne Olivia Elkaïm - Je suis Jeanne Hébuterne Reviewed by Un pays & un livre on lundi, août 27, 2018 Rating: 5

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