Tierno Monénembo - Etape n°78

Guinée


Le Roi de Kahel, 2008, aux éditions Seuil.

Récompensé du Prix Renaudot.

La Librairie.com vend ce roman pour 7,60 euros (aux éditions Points).



Le Roi de Kahel - Tierno Monénembo


Quatrième de couverture :


Au début des années 1880, Aimé Victor Olivier, que les Peuls appelleront Yémé et qui deviendra le vicomte de Sanderval, fonde le projet de conquérir à titre personnel le Fouta Djalon et d’y faire passer une ligne de chemin de fer. 

On a presque tout oublié de lui aujourd’hui : il fut pourtant un précurseur de la colonisation de l’Afrique de l’Ouest, ses aventures faisaient le régal des gazettes de l’époque. Au cours de ses cinq voyages successifs, Sanderval parvient à gagner la confiance de l’almâmi, le chef suprême de ce royaume théocratique qu’était le pays peul, qui lui donne le plateau de Kahel et l’autorise à battre monnaie à son effigie.


Mon avis :


Je ne mettrai pas ce roman sur un piédestal, mais je ne le jetterai pas non plus dans la fange. 


En effet, le récit conté par Tierno Monénembo mérite tout de même qu'on s'y attarde car il questionne avec une écriture élégante la colonisation française. Sans jugement apparent, et se focalisant sur un personnage et des faits réels, le roman dessine toutes les problématiques et idéologies en jeu à l'époque. 


Des décors hostiles mais sublimement décrits, on voyage au coeur de l'Afrique sauvage et encore verdoyante. Des personnages dignes des contes orientaux. 


Seulement, loin d'être un roman d'aventures, et plus proche d'une biographie, Le Roi de Kahel traîne beaucoup en longueur. Et à raison, car l'auteur guinéen souligne la difficulté d'intégrer la communauté des Peuls, ou la difficulté de faire bouger l'administration française... 

Malheureusement, c'est ce qui rend la lecture moins palpitante. Le drame d'Olivier de Sanderval perd de sa superbe à mesure que le récit s'attarde sur les enjeux politiques qui opposent le personnage principal et les forces en présence (la France d'un côté, le Fouta-Djalon de l'autre). C'est-à-dire que j'ai presque lu ce roman pour comprendre, à travers les prémisses du colonialisme dans cette région, l'instabilité politique et le désordre que la France a pu engendrer (au niveau culturel et politique) ; je n'ai pas pu lire ce roman pour ressentir des émotions, des vibrations.

Je ne sais pas si c'est assez claire. Dites-le moi dans les commentaires si vous voulez des précisions.

Une appréciation en demi-teinte pour ce roman, dont il ressort tout de même quelques promesses quant à la qualité de l'écriture de Tierno Monénembo.



A dimanche prochain, chez le voisin de la Guinée, la Guinée-Bissau !



Tierno Monénembo - Etape n°78 Tierno Monénembo - Etape n°78 Reviewed by Un pays & un livre on dimanche, décembre 02, 2018 Rating: 5

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